Le vendredi 20 mars 2026, cinq jours avant la Grande Finale d'Éloquentia à La Seine Musicale, Abigaïl Alexandre a pris la parole à l'Ambassade d'Haïti en France devant la diaspora haïtienne de Paris. Son discours ce vendredi soir avant la compétition, dans sa propre langue, face aux siens est peut-être le plus important qu'elle ait prononcé à Paris. Portrait complet, texte intégral et analyse.
I. Abigaïl Alexandre : portrait complet
Elle est née à Port-au-Prince. Elle a grandi à Jacmel, ville du sud d'Haïti connue pour ses artisans, ses fresques murales, son carnaval singulier qui n'est pas le carnaval de la capitale. Jacmel est une ville qui forme des gens remarquables dans des conditions difficiles. Abigaïl Alexandre en est la dernière démonstration en date et l'une des plus visibles.
Elle a environ 21 ans au moment de la finale de mars 2026. Elle est étudiante en langue anglaise. Elle a suivi des cours de cosmécologie, cette discipline qui mêle beauté, chimie et soin de la peau. Une trajectoire atypique, qui n'a rien du cursus classique menant aux concours d'éloquence. Et c'est précisément pour ça qu'elle est intéressante : elle démontre que la capacité à prendre la parole avec puissance et sincérité ne dépend pas d'un diplôme ou d'une filière. Elle dépend d'une décision.
Sa décision à elle a été de ne pas laisser son histoire s'écrire sans elle.
Le coordonnateur d'Éloquentia Haïti, Golden Wagens Jean Louis, l'a décrite en août 2025 avec une formule qui suffit : « Elle joue avec les émotions, avec sa rhétorique. Ces jeunes sont extraordinaires. » Ce n'est pas de la courtoisie, c'est l'observation d'un formateur qui a vu des dizaines de candidats passer devant des jurys.
Ce qui distingue Abigaïl Alexandre des oratrices de compétition, c'est exactement ce que les jurys d'Éloquentia cherchent et trouvent rarement : une voix habitée. Pas performée. Pas construite pour l'effet. Habitée, c'est-à-dire portée de l'intérieur par quelque chose de réel. La différence se sent dans les premières secondes d'un discours, et elle perdure bien après que les derniers mots ont été prononcés.
II. De Jacmel à la finale internationale
Tout commence avec une phrase entendue lors d'un concours d'éloquence. Farah Jean-Baptiste, lauréate de la première édition haïtienne d'Éloquentia, prononce un discours autour du thème « Rien n'est trop difficile pour la jeunesse ». Abigaïl l'entend. Et se dit : si elle l'a fait, moi aussi je peux y arriver.
C'est comme ça que les modèles fonctionnent quand ils sont réels. Pas comme des idoles inaccessibles. Comme des preuves vivantes que c'est possible.
En mai 2025, parmi 90 candidats à Jacmel, elle remporte la finale locale d'Éloquentia. En août 2025, avec son compatriote Stéphaneau Déhilaire (lauréat de l'antenne de Port-au-Prince, où 190 jeunes s'étaient inscrits malgré la crise sécuritaire), elle représente Haïti aux quarts de finale internationaux à Paris. Face à neuf candidats venus de régions francophones du monde entier, elle défend la position du « non » sur le sujet « Le rire est-il une langue universelle ? »
Elle s'impose. Classée en tête depuis les quarts, elle passe les demi-finales. Stéphaneau Déhilaire se retire pour raisons de santé, elle continue seule. Et en septembre 2025, c'est officiel : Abigaïl Alexandre est la première Haïtienne qualifiée pour la finale internationale d'Éloquentia. Une première dans l'histoire du pays.
Le 17 mars 2026, la délégation haïtienne atterrit à Paris, Abigaïl Alexandre et le coordonnateur Golden Wagens Jean Louis. Trois jours plus tard, l'Ambassade d'Haïti en France organise une soirée hommage.
La jeunesse haïtienne sur la scène internationale
III. Éloquentia : ce que c'est vraiment
Pour comprendre le poids de cette qualification, il faut comprendre ce qu'est Éloquentia. Pas l'idée qu'on en a de loin, un concours de beaux discours pour étudiants bien formés, mais ce qu'il est réellement.
Éloquentia est né en 2013 en Seine-Saint-Denis. Pas dans les beaux quartiers de Paris en banlieue. Chez des jeunes qui croyaient que la capacité à prendre la parole n'était pas une affaire de naissance, de milieu social ou d'accent. Que n'importe qui pouvait apprendre à s'exprimer avec puissance. Le concours a été révélé au grand public par le documentaire À voix haute (Stéphane de Freitas et Ladj Ly, nommé aux César 2018). Il compte aujourd'hui 45 antennes dans le monde francophone, 2 500 candidats par an, des dizaines de milliers de spectateurs.
Le format est exigeant et singulier. Les participants, 18 à 30 ans, s'affrontent en battles oratoires : un sujet, une position à défendre, tout format autorisé (discours classique, slam, poésie, stand-up, plaidoirie). Ce qui compte : la maîtrise, la sincérité, la capacité à convaincre sans tricher.
Haïti a rejoint ce réseau sous l'égide de Golden Team Haïti, association dirigée par Golden Wagens Jean Louis. La première édition haïtienne s'est tenue à Jacmel. La deuxième a étendu le concours à Port-au-Prince, 190 inscrits malgré la crise sécuritaire. Ce chiffre seul dit quelque chose : la jeunesse haïtienne ne renonce pas.
La 9e finale internationale se tient le 25 mars 2026 à La Seine Musicale, première finale 100% féminine de l'histoire du concours. Quatre oratrices : Anna (Nanterre), Anna (Montpellier), Diénaba (Ziguinchor, Sénégal), et Abigaïl (Jacmel, Haïti). Thème : l'intelligence artificielle. Jury : Lilia Hassaine (écrivaine), Paul de Saint Sernin (humoriste), Sally (journaliste), Bertrand Périer (avocat, référence de l'éloquence française). 3 500 spectateurs attendus.
IV. La soirée du 20 mars à l'Ambassade
Il y a quelque chose de particulier dans les soirées que la diaspora haïtienne organise pour les siens. Un mélange de fierté et de mélancolie que les gens de l'extérieur ont du mal à saisir. On est fier d'une fierté physique qui monte dans la poitrine et en même temps on pense à ceux qui n'ont pas pu venir. À ceux restés là-bas. À ceux qui auraient mérité d'être là.
Ce vendredi 20 mars 2026, les Haïtiens de Paris et d'Île-de-France se réunissent à l'Ambassade d'Haïti en France pour honorer celle qui allait porter leurs couleurs dans cinq jours sur la plus grande scène d'éloquence francophone du monde. Et elle parle.
Pas un discours de remerciements convenus. Pas une liste de noms à citer. Quelque chose de plus direct. De plus nu. Quelque chose qu'elle portait depuis Jacmel et qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de dire aussi clairement, face aux siens, en France.
V. Le discours : texte intégral
Je suis née en Haïti et, comme beaucoup d'enfants haïtiens, je n'ai pas grandi dans la facilité.
J'ai grandi dans un pays où l'on comprend très tôt que certaines choses ne nous seront pas données. Un pays où l'on apprend à se battre avant même de savoir exactement contre quoi.
J'ai aussi grandi dans ce pays où, malgré tout, on espère.
Je me souviens de ces moments où tout semblait fragile et incertain, presque prêt à s'effondrer. Et pourtant, il y avait toujours quelqu'un pour dire : ça va aller. Pas parce qu'on en était sûr, mais parce qu'on en avait besoin.
Alors, on y croyait. On y croyait comme on s'accroche à quelque chose qu'on refuse de perdre.
Aujourd'hui, si je me tiens devant vous, ce n'est pas parce que mon parcours a été facile. C'est parce qu'à un moment donné, j'ai décidé de ne pas abandonner ce que j'étais.
Je suis aujourd'hui invitée à représenter Haïti à la finale internationale d'Éloquentia.
Mais la vérité, c'est que je ne suis pas venue seule. Je suis venue avec toutes ces voix qu'on n'entend jamais. Ces jeunes qui travaillent dans l'ombre, qui étudient sans certitude, qui rêvent sans garantie.
Je suis venue avec la jeunesse haïtienne qui refuse de disparaître, même quand tout semble la pousser à renoncer.
Et c'est pour elle que je vous parle aujourd'hui.
Pas pour vous demander de tout changer, pas pour vous faire culpabiliser, mais pour vous dire qu'on a encore besoin de vous.
Oui. Vous faites déjà beaucoup, mais Haïti a besoin de plus que de survie. Elle a besoin de respirer, de se relever, de se reconstruire autrement.
Et ça, elle ne pourra pas le faire sans vous. Pas seulement avec de l'argent, mais avec votre présence, vos regards, votre transmission, avec ce que vous êtes devenus.
Parce que vous êtes la preuve vivante qu'un avenir est possible.
Parfois, j'ai l'impression que le monde a déjà dessiné un organigramme, avec ceux qui décident en haut et ceux qui subissent en bas.
Mais Haïti ne peut pas rester coincée dans cet organigramme, et sa jeunesse encore moins.
Il y a des enfants en Haïti aujourd'hui qui regardent le monde de loin, comme s'il ne leur appartenait pas. Des enfants qui doutent déjà avant même d'avoir essayé.
Et pourtant, l'avenir, c'est eux.
Mais un avenir ne se construit pas seul. Il se construit avec des mains qui se tendent, des voix qui encouragent, des chemins qu'on éclaire.
On dit souvent qu'on quitte Haïti pour avancer, mais parfois, avancer, c'est aussi se retourner.
Pas pour rester bloqué dans le passé, mais pour ne pas laisser derrière ceux qui n'ont pas eu la chance de partir.
Moi, je suis là aujourd'hui parce que quelqu'un, quelque part, avait cru que c'était possible : Golden Team Haïti, Jacmel, Éloquentia France.
Je vous remercie.
Je suis aussi là aujourd'hui parce que, malgré tout ce que j'ai vu, tout ce que j'ai traversé, j'ai refusé de croire que mon histoire était déjà écrite.
Et aujourd'hui, je vous regarde et je me dis que si chacun de vous décide, à son échelle, d'être plus présent aux côtés de ces jeunes qui refusent d'abandonner en Haïti, alors peut-être que demain, il y aura moins d'enfants qui doutent et plus d'enfants qui osent.
Haïti n'a pas seulement besoin d'aide. Haïti a besoin qu'on continue de croire en elle.
Abigaïl Alexandre · Étudiante · Jacmel, Haïti · Finaliste Éloquentia internationale 2026
VI. Ce que ces mots font
Une remarque d'abord : ce discours n'est pas fait pour être analysé. Il est fait pour être ressenti. Mais certaines choses méritent d'être nommées parce qu'elles ne sont pas accidentelles. Abigaïl Alexandre sait exactement ce qu'elle fait quand elle parle.
Le discours s'ouvre sur elle, son enfance, sa décision personnelle. Et progressivement, sans rupture visible, la voix s'élargit. « Je suis venue avec toutes ces voix qu'on n'entend jamais. » Ce déplacement est le cœur du discours. Elle ne parle pas pour elle. Elle parle depuis elle, ce n'est pas la même chose. Et c'est pour ça que ça touche au-delà de la salle.
« Pas pour vous faire culpabiliser. » Cette phrase arrive exactement au bon moment, juste avant la demande. Elle désamorce la résistance naturelle que les membres de la diaspora pourraient ressentir face à une convocation morale. Elle dit : je ne viens pas accuser. Je viens rappeler. La nuance est mince. L'effet est total.
« Le monde a déjà dessiné un organigramme, avec ceux qui décident en haut et ceux qui subissent en bas. » Concrète, moderne, politiquement chargée sans être partisane. Elle dit quelque chose d'universel sur la façon dont le pouvoir s'organise et sur le refus de la place qu'il assigne dans un mot que tout le monde comprend sans explication.
« Golden Team Haïti, Jacmel, Éloquentia France. » Elle cite les structures qui ont rendu son parcours possible. Ce n'est pas de la modestie convenue. C'est une leçon sur la façon dont les succès se construisent : jamais seul, toujours en réseau, toujours en transmission. Et en nommant ces acteurs devant la diaspora, elle leur demande implicitement de devenir, eux aussi, ce genre de structures pour d'autres.
« Haïti n'a pas seulement besoin d'aide. Haïti a besoin qu'on continue de croire en elle. » Cette conclusion déplace le cadre de référence habituel Haïti comme bénéficiaire passif d'aide humanitaire vers quelque chose de plus exigeant et de plus juste. La foi. Ce n'est pas de la naïveté. C'est une demande précise, adressée, sans filet.
VII. Une génération qui refuse de disparaître
Abigaïl Alexandre n'est pas seule dans cette dynamique. Elle est la partie visible d'une génération haïtienne, celle des 18-30 ans qui choisit, malgré tout, de construire plutôt que de fuir. De créer plutôt que de survivre.
Melchie Dumornay joue au Real Madrid et porte le maillot des Grenadières en Coupe du Monde. Des athlètes haïtiens représentent le pays aux Jeux olympiques d'hiver 2026. Des artisans de Jacmel, des créatrices de Port-au-Prince, des avocates, des médecins continuent de travailler dans un pays dont 85% de la capitale est sous contrôle de gangs armés. Ce n'est pas de l'héroïsme abstrait. C'est une décision répétée chaque matin.
Ce que dit le discours d'Abigaïl Alexandre et ce que Kisqueya documente depuis sa création c'est que cette génération n'a pas besoin qu'on la sauve. Elle a besoin qu'on cesse de lui retirer les structures qui lui permettent de se construire. Des formations comme Éloquentia. Des écoles qui fonctionnent. Des tribunaux qui rendent la justice. Des lois qui protègent les femmes et les filles.
Ce que Kisqueya documente sur la jeunesse haïtienne
Abigaïl Alexandre s'inscrit dans cette ligne. Pas métaphoriquement, réellement. Elle porte en elle l'histoire des femmes haïtiennes qui ont appris très tôt à se battre contre un monde qui avait décidé de leur place. Et qui ont refusé.
VIII. Le 25 mars — soyez là
Abigaïl Alexandre a demandé quelque chose ce soir-là à l'ambassade. Elle a demandé de la présence. Pas seulement de l'argent, pas seulement des likes, pas seulement de la sympathie à distance. De la présence physique, engagée, visible.
Le 25 mars 2026, à La Seine Musicale à Boulogne-Billancourt, elle monte sur scène devant 3 500 personnes. Elle sera la seule représentante d'Haïti. La seule voix haïtienne dans cette finale historique. Et pendant qu'elle sera là, face au jury, sous les projecteurs, en train de défendre une position sur l'intelligence artificielle devant une salle pleine elle sera plus forte si elle sait que les siens sont dans la salle.
Ce n'est pas une métaphore. C'est littéral. Les concours d'éloquence se jouent aussi dans l'énergie de la salle. Dans la sensation d'être porté par quelqu'un qui vous regarde.
◆ Mercredi 25 mars 2026 · 20h · La Seine Musicale · Boulogne-Billancourt
La 9e finale internationale Éloquentia réunit quatre jeunes femmes du monde francophone. Abigaïl Alexandre représente Haïti. Les billets sont à partir de 9 €. Si vous êtes en Île-de-France ou si vous pouvez vous y rendre, c'est une soirée qui mérite le déplacement. Pour elle. Pour ce qu'elle porte. Pour ce que ça représente pour Haïti.
Et si vous ne pouvez pas être là physiquement : partagez cet article. Dites autour de vous qu'une jeune femme de Jacmel va défendre Haïti sur la plus grande scène d'éloquence francophone du monde. Que sa présence là quelle que soit l'issue est déjà une victoire.
Billetterie officielle · La Seine Musicale →Elle a dit : « Un avenir ne se construit pas seul. Il se construit avec des mains qui se tendent, des voix qui encouragent, des chemins qu'on éclaire. »
Le 25 mars, vous pouvez être ce chemin-là.
Pour approfondir — série Kisqueya
Kisqueya : être présent
Abigaïl a dit ce soir-là : on a besoin de votre présence, vos regards, votre transmission. Kisqueya partage cette conviction depuis sa création. La jeunesse haïtienne n'a pas besoin de pitié. Elle a besoin qu'on y croie assez fort pour que les structures existent, les formations aient lieu, les scènes soient accessibles. Chaque achat Kisqueya contribue à construire ces structures.
- Soutien aux initiatives éducatives et culturelles pour la jeunesse haïtienne
- Défense des droits des femmes et des filles en Haïti
- Valorisation de la création haïtienne dans toutes ses formes
Questions fréquentes
Qui est Abigaïl Alexandre ?
Abigaïl Alexandre est née à Port-au-Prince et a grandi à Jacmel, Haïti. Étudiante en langue anglaise et en cosmécologie, elle a environ 21 ans en mars 2026. Lauréate d'Éloquentia Jacmel 2025, elle est la première Haïtienne qualifiée pour la finale internationale d'Éloquentia, 9e édition, 25 mars 2026 à La Seine Musicale.
Qu'est-ce qu'Éloquentia ?
Éloquentia est le plus grand concours d'éloquence du monde francophone, né en 2013 en Seine-Saint-Denis. Révélé au grand public par le film À voix haute (nommé aux César 2018). 45 antennes dans le monde, 2 500 candidats par an. La finale 2026 est la première 100% féminine de son histoire.
Où et quand a lieu la finale ?
Mercredi 25 mars 2026 à 20h, La Seine Musicale (Île Seguin, Boulogne-Billancourt). Billets à partir de 9 €. Billetterie : laseinemusicale.com. Jury : Lilia Hassaine, Paul de Saint Sernin, Sally, Bertrand Périer.
Où a eu lieu le discours reproduit dans cet article ?
À l'Ambassade d'Haïti en France, le vendredi 20 mars 2026, lors d'une soirée hommage organisée cinq jours avant la finale internationale.
Comment soutenir Abigaïl et la jeunesse haïtienne ?
Être présent le 25 mars à La Seine Musicale si vous êtes en Île-de-France. Partager cet article. Soutenir Golden Team Haïti. Et chaque achat sur kisqueya.fr contribue à financer des initiatives éducatives et culturelles pour la jeunesse haïtienne.
Sources
- Chokarella — Abigaïl Alexandre et Stéphaneau Déhilaire représenteront Haïti au concours Éloquentia à Paris (20 août 2025)
- Ted'Actu — Abigaïl Alexandre hisse Haïti en finale internationale d'Éloquentia (1er sept. 2025)
- HPN Info — La délégation Éloquentia Haïti est arrivée à Paris (17 mars 2026)
- La Seine Musicale — Finale internationale Éloquentia 2026 (programme officiel)
- L'Express Éducation — Une finale 100% féminine pour Éloquentia 2026 (mars 2026)
- Discours d'Abigaïl Alexandre — Ambassade d'Haïti en France, 20 mars 2026
- Juno7 — Deuxième édition d'Éloquentia Port-au-Prince (déc. 2025)