Le 5 mars 2025, j'ai été invitée par Prof Chéry sur HLIVE TV pour débattre des droits des femmes à l'approche du 8 mars, aux côtés de Jessie Claude, conseillère régionale Île-de-France et professeure à l'université. Huit questions fondamentales ont structuré ce débat. Cet article en est le prolongement écrit — plus documenté, plus développé, avec la voix de Kisqueya.
Marie-Michelle Legrand est juriste en droits humains et fondatrice de Kisqueya, marque d'artisanat haïtien éthique et association franco-haïtienne engagée pour la protection des jeunes filles et femmes vulnérables. Franco-haïtienne, elle a grandi entre deux cultures et deux systèmes juridiques — ce double regard nourrit son engagement. Diplômée en droit, elle consacre sa carrière à la défense des droits fondamentaux, et particulièrement des droits des femmes et des enfants en Haïti et dans la diaspora. Elle est régulièrement invitée à prendre la parole dans les médias et émissions spécialisées sur les questions de genre, de culture haïtienne et de droits humains.
Un appel à démanteler les obstacles structurels à une justice équitable — lois discriminatoires, protections insuffisantes et normes sociales néfastes. En 2026, les femmes ne bénéficient que de 64 % des droits juridiques dont jouissent les hommes. Au rythme actuel, il faudra 286 ans pour combler ces disparités. Ce n'est pas un délai — c'est une capitulation. #ForAllWomenAndGirls
En 2026, sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », la Journée internationale des droits des femmes nous rappelle une réalité brutale : les femmes ne bénéficient que de 64 % des droits juridiques dont jouissent les hommes dans le monde. Une femme meurt toutes les 11 minutes sous les coups d'un proche. Dans 49 pays, aucune loi ne protège les femmes contre les violences domestiques. Pourtant, jamais autant de femmes n'ont pris la parole, jamais autant de lois n'ont été modifiées. Les droits des femmes progressent — mais à quel prix, à quel rythme, et pour qui ? Voici mes réponses, celles d'une juriste franco-haïtienne qui a grandi entre deux mondes et qui croit que la beauté peut être un levier de justice.
Le droit à l'éducation
Selon l'UNESCO, 130 millions de filles dans le monde ne sont pas scolarisées. En Afghanistan, depuis le retour des Talibans en 2021, les filles sont interdites d'école au-delà du primaire. Au Niger, au Mali et au Tchad, les taux de scolarisation des filles restent inférieurs à 30 % dans les zones rurales. L'éducation est le premier levier de l'émancipation — et c'est précisément pourquoi elle est la première cible des régimes oppressifs.
Les droits reproductifs et sexuels
L'avortement reste totalement interdit dans une trentaine de pays dont Haïti, le Salvador et Malte. La contraception reste taboue ou inaccessible dans de nombreuses régions d'Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud. Le mariage des enfants concerne encore 650 millions de femmes vivantes — des adolescentes privées de leur avenir avant même qu'il commence.
La protection contre les violences
Une femme meurt toutes les 11 minutes sous les coups de son partenaire ou d'un membre de sa famille (ONU Femmes, 2023). Dans 49 pays, il n'existe pas de loi spécifique sur les violences domestiques. Le viol conjugal n'est pas criminalisé dans plus de 30 pays. En zone de conflit — Haïti, RDC, Soudan, Ukraine — le viol est utilisé systématiquement comme arme de guerre.
Le droit au travail et au salaire égal
Dans 18 pays, un mari peut légalement interdire à sa femme de travailler. L'écart de salaire entre hommes et femmes est de 20 % en moyenne mondiale (OIT, 2024). Les femmes effectuent 75 % du travail non rémunéré dans le monde — un travail invisible estimé entre 10 et 39 % du PIB mondial.
La participation politique
En 2026, les femmes représentent seulement 26 % des parlementaires dans le monde (UIP). Aucune région du monde n'a atteint la parité. Pourtant, les études sont claires : là où les femmes gouvernent, les lois sur l'éducation, la santé et la protection sociale progressent.
Haïti fut l'un des premiers pays au monde à se doter d'un mouvement féministe structuré — dès 1934, avant la deuxième vague féministe occidentale des années 1960. Malgré dictatures, séismes et instabilité, les femmes haïtiennes n'ont jamais cessé de se battre. Cette frise met en regard leurs avancées et les repères des pays dits développés — pour mesurer l'écart, et l'ampleur du combat.
Cécile Fatiman officie lors du rituel fondateur (14 août 1791). Sanite Bélair, Marie-Jeanne Lamartinière, Victoria Montou dite Toya combattent pour la liberté d'Haïti les armes à la main.
Les femmes ont porté cette victoire de leur sang. Sans elles, pas d'indépendance haïtienne.
Le Code Napoléon (1804) fait de la femme mariée une incapable juridique. Ce même code inspirera le Code pénal haïtien de 1835.
Inspiré du Code Napoléon. Toujours en vigueur en 2026 — 191 ans d'interdiction totale, même en cas de viol.
57 ans avant qu'Haïti l'accorde partiellement (1950). Le monde avance à des vitesses très différentes.
19 mars 1911, en Autriche, Allemagne, Danemark et Suisse. Le mouvement suffragiste mondial s'organise.
Les femmes américaines votent. En Haïti, elles devront attendre encore 30 ans.
Fondée par Madeleine Sylvain-Bouchereau et Alice Garoute. Premier mouvement féministe structuré d'Haïti et l'un des premiers dans toute la Caraïbe. Dissous deux mois après par Sténio Vincent. Elles ne capituleront pas.
En 1934, les Françaises ne peuvent toujours pas voter (elles l'obtiendront en 1944). Haïti crée pourtant son 1er mouvement féministe structuré cette même année.
Amendement constitutionnel de 1944 arraché par la LFAS. En 1946, les constituants les privent à nouveau de leurs droits civils. Alice Garoute : « Nous ne voulons plus être des machines à reproduction. »
La France accorde le suffrage universel aux femmes. Haïti accorde le droit de candidature mais pas encore le vote.
Constitution de 1950. Mais pas pour les présidentielles — elles attendront 1957. 16 ans de combat pour un droit à moitié.
30 ans de dictature brisent le mouvement. Pendant ce temps, le féminisme occidental s'épanouit en Europe et aux États-Unis.
Le Traité de Rome fonde la CEE et inscrit le principe d'égalité de rémunération hommes/femmes (art. 119).
Le Royaume-Uni légalise l'avortement. France : 1975. Canada : 1988. En Haïti, l'art. 262 de 1835 est toujours en vigueur.
ONU lance la Décennie de la femme. Simone Veil fait légaliser l'IVG en France. Haïti est sous la dictature de Jean-Claude Duvalier.
Elles peuvent enfin signer des contrats, porter plainte, ouvrir un compte bancaire — sans l'autorisation de leur mari.
3 avril 1986 : grande marche féministe. Fondation de SOFA (Solidarité Fanm Ayisyèn). Le 3 avril devient la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes.
Élue le 9 novembre 1990. La même année, Haïti brise le même plafond avec Ertha Pascal-Trouillot.
Le 13 mars 1990, Ertha Pascal-Trouillot prête serment comme présidente provisoire. Avocate, première femme à la Cour de cassation, mère — elle organise les premières élections libres d'Haïti. Première femme présidente d'ascendance africaine dans les Amériques. Elle gouverne jusqu'au 7 février 1991.
189 États adoptent le cadre le plus progressiste de l'histoire pour les droits des femmes. 30e anniversaire en 2025.
1995–1997. Deuxième femme à la tête d'un exécutif haïtien, trois ans après la création du ministère à la Condition féminine (1994).
Elle gouvernera 16 ans. En 2006, Forbes la classe femme la plus puissante du monde pendant 11 années consécutives.
12 janvier 2010 : plus de 200 000 morts. Violences sexuelles massives dans les camps. La pionnière féministe Myriam Merlet périt dans les décombres.
La communauté internationale se mobilise. Pour Haïti, les soldats de l'ONU (MINUSTAH) commettront eux-mêmes des viols entre 2004 et 2016.
Le mouvement créé par une femme noire en 2006 devient mondial. Des lois renforcées en Europe et en Amérique du Nord. En Haïti, les femmes continuent de mourir sans justice.
Première démocratie au monde à constitutionnaliser ce droit. En Haïti, l'article 262 de 1835 est toujours en vigueur.
Les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre. Les droits des femmes bafoués quotidiennement. Le combat des femmes haïtiennes continue — au prix de leurs vies.
64 % des droits juridiques seulement garantis aux femmes dans le monde. 286 ans nécessaires pour combler les inégalités juridiques. Ce n'est pas un délai — c'est une capitulation.
Le Forum économique mondial publie chaque année l'Indice mondial de parité entre les sexes. En 2025, les pays les plus avancés sont les démocraties nordiques — mais plusieurs surprises émergent en Afrique et en Amérique latine.
Parité salariale légalement obligatoire depuis 2018. Congé parental équitable. 47 % de femmes au parlement.
Première femme Premier ministre à 34 ans. Parité quasi-totale dans les institutions.
Quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises depuis 2003.
61 % de femmes au parlement — record mondial absolu. Reconstruction post-génocide fondée sur l'égalité.
Constitution de 1996 la plus progressiste au monde sur le genre. Avortement légal. 46 % de femmes au parlement.
Première démocratie à inscrire l'IVG dans sa Constitution. Index Egapro obligatoire en entreprise.
Après le génocide de 1994 qui a décimé la population masculine, les femmes ont reconstruit le pays — et le pays l'a reconnu dans sa Constitution et ses institutions. Là où les femmes gouvernent, les sociétés se reconstruisent mieux. Ce n'est pas de l'idéologie. C'est de la pragmatique.
Avant de citer les figures contemporaines, je dois nommer celles sans lesquelles je ne serais pas là où je suis — les femmes de la Révolution haïtienne. Ce sont elles, à mes yeux, les premières féministes haïtiennes, bien avant que le mot existe. Elles ont prouvé, dans la chair de l'Histoire, qu'une femme noire pouvait porter une nation.
Femmes de la Révolution haïtienne (1791–1803)
Lieutenante engagée dans la lutte pour la liberté d'Haïti, elle fut exécutée par les forces françaises à 21 ans. La mémoire haïtienne la retient comme une figure de courage radical : une femme qui n'a pas négocié sa dignité. Son portrait figure sur le billet de 50 gourdes haïtiennes.
Héroïne de la bataille de Crête-à-Pierrot, elle se bat au côté des insurgés face aux troupes napoléoniennes. Elle incarne la bravoure militaire et l'endurance des femmes qui ont tenu la Révolution debout.
Associée à la cérémonie du Bois Caïman, elle incarne la dimension spirituelle et collective de la résistance. En Haïti, le politique n'a jamais été séparé du sacré : la liberté s'est aussi construite dans la communion.
Figure de transmission : elle forme, entraîne, prépare. Toya rappelle une vérité simple : la révolution n'est pas seulement l'acte de combattre — c'est l'acte d'enseigner à d'autres comment se libérer. Sans Toya, pas de Dessalines. Sans Dessalines, pas d'indépendance haïtienne.
Ces femmes n'ont pas demandé une place : elles l'ont prise. Elles ont fait ce que l'Histoire refuse souvent d'écrire : la femme noire comme sujet politique, pas comme décor.
Figures inspirantes contemporaines — Focus femmes noires
Avant que #MeToo devienne viral en 2017, Tarana Burke avait créé ce mouvement dès 2006 pour accompagner les survivantes de violences sexuelles dans les communautés noires défavorisées. Son combat : que la parole des femmes noires soit entendue avec la même dignité que celle des femmes blanches.
Son Mouvement de la Ceinture Verte a mobilisé des milliers de femmes rurales kenyanes — transformant un acte écologique en acte féministe et politique.
Elle a consacré sa vie à la lutte contre les violences faites aux femmes haïtiennes. Décédée lors du séisme de 2010, son héritage inspire encore chaque militante haïtienne d'aujourd'hui.
Son essai, issu d'un TED Talk devenu viral, a été distribué à tous les lycéens suédois. Elle porte une voix féministe africaine, complexe et nuancée, qui refuse les catégories imposées par le féminisme occidental.
Je l'ai lue très jeune, à 13 ans. Elle m'a appris qu'une femme noire pouvait porter toute l'humanité dans sa plume. Beloved reste l'un des livres les plus importants de ma vie — parce qu'il montre ce que la violence efface, et ce que la parole reconstruit.
« Si vous avez du pouvoir, utilisez-le pour construire un podium pour quelqu'un d'autre. »
Cette phrase a guidé ma manière de concevoir Kisqueya : transformer la visibilité en levier, et la beauté en infrastructure de dignité.
Un zoom sur la France — Victoire historique mondiale
Se battre pour ses droits n'est pas une option pour les femmes — c'est souvent une nécessité de survie. Voici ce que je dis aux femmes qui m'en parlent, que ce soit en Haïti, en France ou dans la diaspora.
- Connaître ses droits. On ne peut pas défendre ce qu'on ne connaît pas. Lire, se former, comprendre les textes de loi nationaux et internationaux qui vous protègent. Le droit est un outil — apprenez à vous en servir.
- Créer des réseaux de solidarité. Le féminisme individuel a ses limites. Le collectif a une force que l'individu seul n'atteindra jamais. Rejoindre ou créer des associations, des groupes, des espaces sûrs.
- Utiliser les outils numériques. Les réseaux sociaux sont des espaces de lutte. Documenter, témoigner, partager, amplifier les voix qui ne sont pas entendues. La visibilité numérique a changé des lois.
- Ne pas attendre la permission. Les droits ne se donnent pas — ils se conquièrent. Ne pas attendre que les hommes, les institutions ou la société vous accordent ce qui vous appartient de droit.
- Prendre soin de soi. Le militantisme épuise. Prendre soin de sa santé mentale n'est pas un luxe — c'est une stratégie de résistance à long terme.
- Célébrer chaque victoire. Même petite, même locale, même symbolique. Chaque droit acquis est le fruit de sacrifices. Reconnaître les progrès permet de tenir dans la durée.
Chez Kisqueya, je crois que transformer la culture passe aussi par les objets que l'on crée et que l'on choisit. Acheter un bijou en corne haïtienne, c'est dire : je crois en la valeur de ce peuple, de ces mains, de ces femmes. C'est un acte de résistance quotidien.
Ces obstacles sont structurels — ils ne tiennent pas à des déficiences individuelles des femmes, mais à des systèmes économiques, culturels et politiques construits pour les maintenir hors des espaces de pouvoir.
Le poids du travail non rémunéré
Les femmes effectuent 75 % du travail domestique et de soin non rémunéré dans le monde. Ce temps non rémunéré ne peut pas être consacré à la formation ni à la carrière. Tant que les sociétés n'organiseront pas un partage équitable de ce travail invisible, les inégalités professionnelles persisteront.
Les mariages précoces et les grossesses non désirées
Une fille mariée avant 18 ans a statistiquement très peu de chances de terminer ses études secondaires. En Haïti, comme dans de nombreux pays africains, la grossesse à l'adolescence signifie souvent la fin de la scolarité — surtout quand l'avortement est totalement interdit, comme le prévoit l'article 262 du Code pénal haïtien.
Les stéréotypes de genre et l'autocensure
Les biais de genre dans l'éducation orientent les filles vers des filières moins valorisées économiquement. Les stéréotypes sur les compétences féminines dans les filières STEM créent une autocensure massive. Ces biais ne sont pas innés — ils se transmettent par la famille, l'école et la culture populaire.
Les discriminations à l'embauche
À CV équivalent, une candidature avec un prénom féminin est moins souvent retenue — c'est démontré par de multiples études de testing. Une fois en poste, les femmes se heurtent au plafond de verre. En 2026, seulement 8 % des PDG des entreprises du CAC 40 sont des femmes.
La France oscille entre avant-gardisme et conservatisme. Elle peut être à la fois le pays de Simone Veil et celui où 220 000 femmes subissent des violences conjugales chaque année.
Les avancées réelles
La constitutionnalisation de l'IVG en mars 2024 est historique : la France devient la première démocratie au monde à inscrire ce droit dans sa loi fondamentale. L'Index Egapro oblige les entreprises à mesurer et publier leurs écarts de rémunération. La notion de féminicide a enfin intégré le débat public et législatif.
Les défis persistants
Pourtant, en France, une femme meurt tous les deux à trois jours sous les coups de son compagnon. L'écart de retraite entre hommes et femmes est de 40 %. Les femmes noires et racisées font face à une double discrimination — de genre et de race — que les politiques publiques peinent encore à reconnaître officiellement.
En tant que femme franco-haïtienne, je vis cette réalité. La France m'a donné des outils juridiques que je n'aurais pas eus si j'avais grandi à Port-au-Prince. Mais elle ne m'a pas protégée des regards condescendants ni des doutes sur mes compétences. L'égalité juridique ne suffit pas — il faut l'égalité réelle, celle qui se vit dans les corps et dans les regards.
Cette question est souvent mal posée. On demande comment convaincre les hommes, comme si l'égalité était une concession qu'ils nous feraient. Ce n'est pas une concession. C'est un intérêt commun.
Montrer que l'égalité bénéficie à tous
Les hommes qui vivent dans des sociétés plus égalitaires ont une espérance de vie plus longue, des taux de suicide plus bas, des relations familiales plus épanouies. Les patriarcats détruisent aussi les hommes — ils leur imposent des modèles de virilité toxique qui les empêchent d'exprimer leur vulnérabilité. L'égalité de genre libère tout le monde.
Valoriser les hommes alliés
Il existe des hommes qui se battent pour l'égalité — dans les familles, les entreprises, les institutions. Les valoriser, les rendre visibles, les citer comme modèles contribue à normaliser le fait qu'un homme peut être féministe sans renoncer à sa masculinité.
Éduquer dès l'enfance
Les biais de genre se construisent très tôt. Une éducation non sexiste dès la maternelle — jouets mixtes, livres avec des personnages féminins actifs, pères qui font les soins — construit des adultes naturellement plus égalitaires.
Interpeller sans exclure
Le féminisme qui exclut les hommes du débat se prive d'alliés puissants. Beaucoup reproduisent des schémas appris sans les questionner. La pédagogie a sa place aux côtés de la dénonciation.
La sororité — du latin soror, sœur — est un des concepts les plus puissants et les plus concrets du féminisme contemporain. Elle ne se décrète pas : elle se pratique au quotidien.
Le mentorat et le parrainage
Une femme qui réussit peut ouvrir des portes à d'autres femmes. Sponsoriser une autre femme — la recommander activement, la citer, la mettre en avant — est un acte concret de sororité. Le mentorat formel ou informel est l'un des leviers les plus efficaces pour réduire les inégalités professionnelles.
Créer et rejoindre des réseaux
Les réseaux féminins professionnels offrent des espaces de partage, de ressources et d'entraide. Dans la diaspora haïtienne, des plateformes comme PAFHA jouent ce rôle de tissu social et de soutien collectif — exactement le type d'initiative que Kisqueya soutient et dans lequel je m'implique.
Consommer de façon consciente
Acheter les créations d'une femme entrepreneuse, lire les livres d'une autrice, suivre les artistes féminines — c'est aussi de la sororité. C'est exactement la philosophie de Kisqueya : chaque achat est un vote pour l'artisanat haïtien porté par des mains de femmes.
Prendre la parole pour celles qui ne peuvent pas
Quand une femme n'a pas la sécurité pour parler — sous un régime autoritaire, dans une famille violente, dans une communauté qui la ferait taire — c'est aux femmes qui ont cette sécurité de parler à sa place. Amplifier les voix silenciées : c'est un acte politique d'une puissance considérable.
Kisqueya est née de cette conviction : les femmes haïtiennes méritent que leur talent soit reconnu, payé à sa juste valeur, et célébré dans le monde entier. Chaque Karabela cousue, chaque bijou façonné en corne haïtienne — c'est une femme qui gagne sa vie dignement. C'est de la sororité concrète.
Ces 8 questions posées sur HLIVE TV résument un combat que je mène depuis des années — comme juriste, comme femme franco-haïtienne, comme fondatrice de Kisqueya. En 2026, sous le thème « Droits. Justice. Action. », le message de l'ONU résonne profondément avec ce que je vis et défends chaque jour. La beauté de l'artisanat haïtien n'est pas séparable de la dignité des femmes qui le créent. Et tant que 64 % seulement des droits juridiques sont garantis aux femmes dans le monde, le combat continue.
- Protection des jeunes filles victimes d'exploitation sexuelle en Haïti
- Soutien aux enfants Restavèk et aux femmes vulnérables
- Valorisation de l'artisanat haïtien porté par des femmes artisanes
- Plaidoyer juridique pour les droits des femmes haïtiennes
- Sensibilisation de la diaspora franco-haïtienne
Quels droits des femmes sont encore les plus bafoués en 2026 ?
Pourquoi le Rwanda est-il un modèle pour les droits des femmes ?
Comment Kisqueya contribue-t-elle aux droits des femmes ?
Qu'est-ce que la sororité et comment la pratiquer ?
Sources & références
- ONU Femmes — Rapport mondial sur les violences faites aux femmes (2023)
- Forum économique mondial — Global Gender Gap Report (2025)
- UNESCO — Rapport sur la scolarisation des filles (2024)
- Organisation Internationale du Travail (OIT) — Rapport sur l'égalité salariale (2024)
- Union Interparlementaire (UIP) — Représentation féminine dans les parlements (2026)
- Amnesty International — Rapport sur les droits reproductifs (2025)
- Human Rights Watch — Rapport mondial sur les droits des femmes (2025)
- HLIVE TV — Émission Screenshot TV Show avec Prof Chéry, 5 mars 2025
- Chimamanda Ngozi Adichie — "Nous sommes tous des féministes" (Gallimard, 2015)
